Le Syndicat des Agents du Port Autonome de Lomé (SYAPAL) a suspendu, à compter du 22 juin 2026, le mouvement de grève qui devait paralyser une partie des activités portuaires du 25 au 27 juin. La décision a été actée par une résolution adoptée en assemblée générale le 20 juin, et place désormais l'administration portuaire devant un délai de grâce de trente jours pour répondre aux revendications des travailleurs. (Source : Icilome)

Une grève de 72 heures préparée depuis plusieurs mois

Le préavis de grève avait été déposé le 8 juin 2026 auprès du Directeur général du port, avec copie à l'Inspection du travail Lomé Est 2. L'arrêt de travail devait courir du jeudi 25 juin à 7 heures au samedi 27 juin à 23h59, et concerner l'ensemble des catégories de personnel : dockers occasionnels, dockers professionnels, agents permanents et treuillistes. (Source : Icilome)

Ce préavis n'était pas une première alerte. Il faisait suite à trois assemblées générales tenues depuis octobre 2025 les 6 octobre 2025, 17 janvier 2026 et 30 mai 2026 au cours desquelles les travailleurs avaient déjà réclamé des avancées sur leurs conditions de travail, sans obtenir, selon le syndicat, de réponse jugée satisfaisante. (Source : Bénin Web TV)

Des revendications sociales précises

Les exigences portées par le SYAPAL couvrent plusieurs aspects du statut et des conditions de travail du personnel portuaire : instauration de pauses journalières et d'un repos hebdomadaire, congé annuel et prime afférente, rémunération des heures supplémentaires, déclaration de l'ensemble des dockers occasionnels à la Caisse nationale de sécurité sociale, ainsi qu'une prime de salissure et une prime à la manutention. (Source : République Togolaise)

Le syndicat demande également l'établissement d'un statut clair pour l'ensemble du personnel et la mise en conformité avec l'accord collectif d'établissement du port. Il s'appuie notamment sur l'arrêté conjoint n°12-MCIT-MJ-FP-MFE du 19 août 1976 portant statut particulier du personnel du PAL, dont il réclame l'application intégrale malgré son ancienneté. (Source : Bénin Web TV)

D'autres demandes concernent la prise en compte de la date de recrutement tout au long du parcours professionnel, ainsi qu'une mention claire des classifications et des avantages correspondants sur les bulletins de paie. (Source : Journal du Togo)

Un sursis de trente jours, sous conditions

Dans sa résolution n°02/2026/AG/SYAPAL, le syndicat indique privilégier la voie du dialogue social après les échanges engagés avec l'Inspection du travail et l'administration portuaire. Les travailleurs ont décidé de lever le mot d'ordre de grève tout en accordant à l'administration un délai de grâce courant du 22 juin au 21 juillet 2026 pour apporter des réponses aux douze points de revendication soumis. Le syndicat précise que cette suspension reste conditionnée à l'ouverture et à la poursuite de bonne foi des négociations entre les deux parties. (Source : Icilome)

Ce délai de grâce fonctionne donc comme un test : il donne du temps aux discussions, mais il ne lève pas la pression sur l'administration portuaire, qui devra produire des avancées suffisamment concrètes avant la fin de la période accordée.

Un enjeu logistique qui dépasse le personnel du port

Le Port autonome de Lomé n'est pas une infrastructure comme les autres : il s'agit du premier port de transbordement d'Afrique subsaharienne, et le seul de la sous-région à figurer dans le top 100 mondial du classement Lloyd's List 2025, au 92e rang. Il a traité 30,6 millions de tonnes de marchandises en 2024, en hausse de 1,85 % par rapport à 2023, portée à 92 % par les activités de transbordement. (Source : Bénin Web TV)

Toute perturbation, même limitée dans le temps, peut donc avoir des répercussions sur le trafic maritime régional : le port sert de plateforme de transit pour plusieurs pays enclavés de l'hinterland, dont le Burkina Faso, le Mali et le Niger, dont une partie des échanges commerciaux dépend de Lomé. (Source : Togo Actualité)

La suite du dossier dépendra des garanties concrètes apportées d'ici le 21 juillet et du sérieux des négociations engagées entre le SYAPAL et l'administration portuaire. Si un accord est trouvé sur les douze points soumis, il pourrait stabiliser durablement le climat social dans ce secteur stratégique. À défaut de réponses formalisées dans le délai imparti, la suspension actuelle pourrait n'avoir été qu'un report.