Former des jeunes ne suffit pas. Encore faut-il leur donner de quoi transformer une competence en activite viable. C'est sur ce point precis que l'initiative de l'ANPE merite l'attention : elle ne s'arrete pas a la salle de cours, mais va jusqu'a la remise d'equipements de production a de jeunes beneficiaires formes dans les filieres agricoles.

De la formation a l'installation

Selon Togo First et Togoscoop, l'Agence nationale pour l'emploi a remis des kits de production aux beneficiaires de son programme de formation-metier et d'accompagnement a l'insertion professionnelle. Les equipements, estimes a 200 millions FCFA, doivent servir a lancer ou consolider des activites dans le maraichage, l'elevage et d'autres metiers agricoles a potentiel.

L'element le plus important est la logique du dispositif. Pendant trois mois, les jeunes ont ete formes aux techniques de production et a la creation d'entreprise. La remise des kits ouvre ensuite la phase la plus delicate : celle ou la formation doit se traduire en revenus, en autonomie et, a terme, en emplois.

Un signal utile sur la qualite des politiques d'insertion

Beaucoup de programmes publics se heurtent au meme plafond : les beneficiaires sortent formes, mais sans capital de depart ni outils suffisants pour passer a l'action. Ici, l'ANPE essaie justement de combler cet ecart. Les kits remis comprennent des motoculteurs, motopompes, pulverisateurs, dispositifs d'irrigation, semences, engrais et materiels de construction selon les besoins des filieres.

Cette approche est plus exigeante pour l'institution, parce qu'elle engage des moyens et appelle un suivi. Mais elle est aussi plus credible : elle permet de juger la politique d'insertion non sur le nombre de certificats delivres, mais sur la capacite des jeunes a produire, vendre et durer.

Une premiere phase, puis l'epreuve du terrain

Les sources convergent sur un point : la remise d'equipements n'est qu'une premiere etape. Les jeunes concernes proviennent de plusieurs regions, meme si la ceremonie de la region Maritime a servi de vitrine a cette phase du programme. Le pari public est clair : faire de l'auto-emploi un levier de reduction du chomage des jeunes et de developpement local.

Le vrai test commencera maintenant. Dans quelques mois, il faudra regarder combien d'activites auront effectivement demarre, combien auront tenu, et si l'accompagnement post-formation aura permis d'eviter que les kits deviennent de simples dons sans impact durable.

Ce que cela peut signaler

L'initiative envoie un message utile dans un pays ou l'insertion professionnelle des jeunes reste une pression constante. Elle suggere qu'une politique d'emploi plus solide passe par des parcours complets : selection, formation, equipement, accompagnement et ancrage territorial. Si cette chaine tient, l'ANPE pourra montrer qu'entre la promesse de l'entrepreneuriat et sa realite economique, l'Etat peut jouer un role plus concret qu'un simple prescripteur.

Sources